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Et c'est ok !

27 sept.
3 min de lecture

Se faire dire à multiples reprises qu'on pense trop, qu'on est trop sensible, trop compliqué ou juste « différent » peut soulever intérieurement la question : « Est-ce que je suis normal ? ».


Quand s'installe l'impression de ne pas être écouté, que ce que l'on vit n'intéresse pas vraiment les autres, on peut, petit à petit, apprendre à ne plus en parler.


À garder pour soi ses réflexions, ses peines, ses questionnements ou ces choses que l’on ne comprend pas complètement sur soi-même. Non pas par manque de choses à dire, mais par doute que ce que l'on vit puisse avoir sa place quelque part.


Ces jugements et commentaires reçus de l'extérieur peuvent se transformer en croyances : « Je ne suis pas intéressant. » « Je ne suis pas normal ». « Je suis trop compliqué ». « Ce que je vis, c’est toujours trop pour les autres, alors je vais me taire ».


Différentes peurs peuvent s'éveiller ou s’intensifier comme la peur d’être jugé, la peur d’être rejeté par son groupe, la peur de perdre l’amour ou encore la peur d’être abandonné. Alors on se tait, on atténue, on joue le rôle d’une personne qu’on pense plus acceptable ou plus aimable.


Et si, à ce moment-là, quelqu'un venait à notre rencontre autrement ?


Que se passerait-il si on recevait, pour la première fois, un accueil de notre monde intérieur qui ne nous fasse pas sentir anormal ?


La réponse n'est peut-être pas évidente, justement parce que l'expérience d'un tel accueil est rare. Pourtant, le recevoir peut progressivement transformer la relation à soi et aux autres.



Pouvoir déposer ce qui se passe en soi devant quelqu'un sans avoir à craindre que ce soit trop, bizarre ou incompréhensible.

Sans avoir à rassurer l'autre.

Sans devoir immédiatement trouver une solution, une explication ou une justification.


Parfois, ce qui fait du bien n'est pas qu'on nous explique ce qui ne va pas chez nous. Il y a quelque chose de profondément apaisant dans le regard d'une personne qui offre un accueil sans nous considérer comme quelqu'un à réparer.


Un regard qui semble nous dire : je ne te regarde pas comme quelqu'un de défectueux; je te vois comme une personne qui traverse quelque chose de difficile et qui possède des ressources et une capacité d'évolution.


Être regardé ainsi peut, petit à petit, changer le regard que l'on porte sur soi-même. Recevoir un accueil qui ne dramatise pas ce qui est vécu, qui ne nous réduit pas à ce que nous traversons et qui garde une confiance profonde en notre potentiel peut nous apprendre, tranquillement, à développer cette même confiance envers nous-mêmes.


Les jugements, les peurs et la méfiance peuvent laisser la place à plus de curiosité, de douceur et d'amour.


Ton expérience est valide par le simple fait que tu la vis.


Elle n'a pas besoin d'être expliquée ou rangée dans une case pour être accueillie comme telle : elle fait partie de ton expérience humaine, et c'est ok !

Qui peut se vanter de vivre une existence simple ?


Porter ce regard sur l'autre ne fait pas nécessairement disparaître ce qui est difficile. Les problèmes peuvent être encore là. Pourtant, quelque chose semble plus léger : ce que tu portes, tu n'as plus à le porter tout à fait seul. Et tu te rends compte que tu n'es plus seul à vivre ce que tu vis.


C'est peut-être aussi ça toute la puissance de la normalisation : elle nous rappelle que nous ne sommes pas à part. Que nos peurs, nos contradictions, nos questionnements et nos difficultés s'inscrivent dans quelque chose de beaucoup plus grand que nous : l'expérience humaine.


Nous vivons chacun notre existence, avec notre histoire et nos défis. Parfois, nos histoires se ressemblent et nous partageons les mêmes épreuves. Parfois, elles sont singulières à chacun mais nous partageons toujours cette même expérience d'essayer de comprendre, de traverser, d'aimer, de perdre, d'avoir peur, de nous tromper et de grandir.


Si tu as la chance d'avoir des personnes capables de t'offrir cette qualité d'amour et d'acceptation dans ton entourage, c'est un cadeau précieux ! Si ce n'est pas le cas, sache que la thérapie peut te l'offrir, d'abord dans la relation thérapeutique, ce qui permettra ensuite d'ouvrir la porte aux autres.



Et si la normalisation de ce que l'on vit était une clé pour se retrouver et se rassembler ?


 
 

Delphine Sirois

Rencontres à distance seulement à Montréal et ailleurs dans le monde.

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(514)688-2431

delphinesiroistra@gmail.com

 

Membre de la Corporation internationale des Thérapeutes en Relation d’Aide et des Coachs CITRAC

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